Château Beaucaillou – La Croix de Beaucaillou

Ducru-Beaucaillou-Croix-de-Beaucaillou-bouteille-3LA CROIX DUCRU-BEAUCAILLOU (second vin du Château Ducru-Beaucaillou)
Appellation : Saint-Julien
Propriétaire(s) : Château Ducru-Beaucaillou – famille Borie
Age moyen du vignoble : La Croix de Beaucaillou est élaboré avec les vins des vignes jeunes du Château
Ducru-Beaucaillou (moins de 10 ans)
Culture : La conduite du vignoble, tout en étant traditionnelle, intègre les derniers progrès de la viticulture (effeuillage manuel, vendanges en vert en été etc.). Bref, la tétralogie est ici : gestion parcellaire, rendements maîtrisés, durée de vie des ceps optimisée et traitements phytosanitaires raisonnés.
Taille
: double Guyot
Sol : Graves garonnaises du quaternaire déposées (Günz),  il y a plus de 600 000 ans. Les avantages des cailloux sont nombreux : ils favorisent le drainage des sols, reflètent le soleil
sur les grappes dans ces vignobles étroitement plantés, emmagasinent la chaleur diurne pour
la rétrocéder la nuit, forment un tapis protecteur limitant la dessiccation des sols pendant les
fortes chaleurs estivales etc.
Densité de plantation : 10.000 pieds/hectare
Surface : 75 Ha
Cépages: 70% de Cabernet Sauvignon, 30% de Merlot
Vendanges : Les vendanges sont manuelles à 100%. Le tri est effectué à la vigne sur des tables mobiles permettant d’éviter le contact des baies litigieuses avec les grappes saines au cours du transport vers le cuvier.
Vinification : Chaque parcelle est vinifiée de façon individualisée afin d’optimiser les sélections d’assemblage. De plus, les fermentations sont conduites de façon individualisée et adaptée, tenant compte des caractéristiques du terroir de chacune, du cépage et du millésime. De manière générale, nous veillons à conduire des extractions douces en maintenant le moût à des températures traditionnelles avec des rythmes et des durées de remontage modérés. Le pressurage pneumatique est écoulé en continu en barriques afin de sélectionner au mieux les lots de vins de presse. Les fermentations malolactiques sont conduites en cuves afin d’optimiser leur maîtrise.
Elevage : L’entonnage en lots séparés dûment identifiés est effectué sitôt les malolactiques. Les assemblages sont réalisés au cours du premier soutirage, avec pour la Croix de Beaucaillou entre 20 et 40% de bois neuf suivant la richesse des millésimes. Les barriques (Bordelaises 225 l, chêne français) sont fournies par 5 tonneliers sélectionnés offrant les meilleures garanties. Il est élevé 12 mois en barriques.

Notes de dégustation :
Robe : rubis foncé.
Nez : de beaux arômes de fruits rouges.
Bouche : L:trame de cèdre.
Finale : élégante sur le graphite, très net, parfaitement défini.
Accords mets/vin : Il met en valeur toutes les viandes rôties, mais c’est avec le gibier que son accord est parfait : civet de chevreuil, faisan aux raisins, terrine de lièvre. Sa distinction permet aussi de le servir avec des mets tels que l’omelette aux cèpes et aux truffes ou le ris de veau….
Température de service : 16-18°C. – ouvrir 1 heure avant
Potentiel de garde : Entre 10 et 14 ans.

Guide Bettane & Desseauve des Vins de France
Domaine noté (guide 2016) : 5BD (Les producteurs exceptionnels, ceux qui représentent le sommet absolu de la qualité en France et dans le monde)
A propos du domaine : « Ce cru célèbre peut donner un des trois ou quatre médocs les plus fins et les plus élégants, comme en 1961 ou 1970. Depuis 2003, son nouvel administrateur, Bruno Borie, lui a permis de retrouver son plus haut niveau, avec des vins d’une perfection formelle presque magique, sans aucune concession au goût international. Le second vin, la Croix-de-Beaucaillou, qui comprend des vignes remarquables achetées à Terrey Gros Cailloux, a fini par rejoindre les meilleurs de la catégorie depuis 2005. Un troisième saint-julien, Lalande-Borie, vieille marque estimée du négoce, désigne un vin souple et précoce, issu de vignes appartenant en 1855 au Château Lagrange. Depuis 2008, un superbe listrac, rebaptisé Fourcas-Borie après un rachat de vignes dans ce lieu-dit, montre ce qu’on peut produire dans l’appellation quand on travaille comme il faut. Toutes nos félicitations à la remarquable jeune œnologue en charge de tous ces vins, Virginie Sallette. »

Les Meilleurs Vins de France – Gault Millau
Domaine noté (guide 2012) : 7*Étoiles (Production mythique)
A propos du domaine : « Même si de beaux millésimes avaient été réalisés au château avant 1941, c’est avec l’arrivée de Jean-Eugène Borie qu’il a pris toute son ampleur. Avec l’aide d’Emile Peynaud, la création de bordeaux modernes a pris ici toute sa signification. Tout proche de l’estuaire de la Gironde, le vignoble de 75 hectares (dédié pour 70% au cabernet-sauvignon) bénéficie, au plan climatique, de l’effet modérateur et protecteur correspondant. Depuis quelques années, Ducru-Beaucaillou propose à nouveau des vins d’anthologie. »

Guide des Meilleurs Vins de France – RVF
Domaine noté (guide 2016) : 3***Étoiles (Ils représentent l’excellence du vignoble français. Les meilleurs terroirs exploités par les plus grands vignerons. Déguster leur vin est toujours un moment magique)
A propos du domaine : « Les amateurs de grands médocs classiques trouveront leur bonheur avec Ducru-Beaucaillou. Bruno Borie conduit ce superbe cru avec talent et détermination ; il l’a placé ces dernières années dans le peloton de tête des bordeaux. Jamais démonstratifs, ni surextraits, ni très puissant, les vins brillent par leur distinction et le soyeux de leur matière. Il s’agit de grands médocs profonds, digestes et équilibrés. Attention toutefois, un Ducru-Beaucaillou ne se révélant pleinement qu’avec l’âge, il est toujours dommage de le déguster trop tôt ; sa grande fraîcheur en finale et le grain élégant de ses tanins signent l’exceptionnelle capacité du cœur de son terroir. La Croix de Beaucaillou, ancien second vin du château, est désormais un cru à part entière, avec un parcellaire dédié. »
Wine Advocate-Parker : 90/100
« An outstanding wine and a great sleeper of the vintage, this second wine exhibits a denser purple color along with a sweet kiss of creme de cassis, licorice, incense and graphite. Fruity and medium to full-bodied , with an impressive texture and supple tannins, this wine should drink well for 10-15 years. »

Wine spectator : 89
Jancis Robinson : 16/20

... En savoir plus sur le domaine

L‘histoire
Le Château Ducru-Beaucaillou est ainsi nommé à cause des beaux (et gros) cailloux caractéristiques de son terroir viticole unique. Cet écosystème d’exception permet de produire des vins fins, élégants, succulents, dotés d’une grande longueur en bouche; en somme, des
vins archétypaux de Saint-Julien.
Perché sur un site de terroir exceptionnel donnant une vue imprenable sur l’estuaire de la Gironde, posé au milieu d’un parc entenaire, Ducru-Beaucaillou est un château majestueux, de style victorien devenu au fil du temps un des grands symboles du Médoc.
De manière originale à Bordeaux, il est bâti directement au dessus des chais à barriques ce qui permet à ses propriétaires qui l’habitent effectivement depuis plus de soixante ans, d’être baignés en permanence dans les somptueux arômes de leur vin.
La propriété est aujourd’hui gérée par la société Jean Eugène Borie SA qui appartient à Madame Borie, sa fille Sabine Coiffe et son fils Bruno-Eugène qui la dirige depuis 2003 et représente la 3ème génération Borie à la tête du domaine.
Il existe des liens étroits et très profonds entre ce domaine et les cinq familles qui en ont été les propriétaires successifs.

La famille Bergeron
Le domaine remonte au tout début du XIIIème siècle. Propriété de la famille Bergeron depuis 1720, il obtint rapidement une belle réputation en France comme à l’étranger, au point d’accueillir dès cette époque des visiteurs scandinaves : les Archives municipales de Bordeaux datant de la révolution montrent qu’une épée et un pistolet ont été confisqués par les autorités à des Suédois de passage au château à ce moment là.

La famille Ducru
La propriété fut vendue en 1795 à Bertrand Ducru qui ajouta son nom à celui du château qui devint dès lors « Ducru-Beaucaillou ». Ducru confia à l’architecte parisien Paul Abadie la rénovation de la demeure. Celui-ci la transforma en une « chartreuse » de style Directoire ajoutant un étage et une élégante façade qui fait face à l’estuaire de la Gironde côté Est, là où l’intense trafic maritime du 18ème siècle offrait le spectacle d’une toile marine toujours animée.
Bertrand Ducru fit d’énormes investissement dans le vignoble sur les chais : il en fut récompensé lorsque le Château Ducru-Beaucaillou fut classé second cru dans le classement des vins de Bordeaux en 1855. La fille de Bertrand Ducru, Marie-Louise, épousa Antoine Ravez, fils d’un célèbre avocat bordelais qui fut député de 1816 à 1829 et secrétaire d’Etat. La légende veut que lorsque M. Ravez fut président de la Chambre des députés, il remplaça le traditionnel verre d’eau des orateurs par du Ducru-Beaucaillou pour faire honneur au vin de sa belle-fille.

La famille Johnston
En mars 1866, après avoir été pendant soixante et onze ans propriétaire de Beaucaillou, la famille Ducru vendit le château pour un million de francs à Lucie-Caroline Dassier (1841-1876), l’épouse du célèbre négociant en vin et faïencier bordelais Nathaniel Johnston (1836-1914).
Johnston était l’héritier de l’affaire familiale créée par son ancêtre Guillaume, arrivé à Bordeaux en 1743. Ecossais issus de la famille d’Hartfeld, les Johnstons, Marquis d’Annandale, avaient émigré d’ Irlande en 1640.
Nathaniel Johnston, brillant polytechnicien, avait une passion pour le Médoc (il en fut même député) et en particulier pour son village de Saint-Julien dont il fut maire de 1903 à 1908. Il construisit un temple protestant, un hospice et une crèche dans le bourg pour les familles de ses employés.
Epaulé par Ernest David, le régisseur novateur de la propriété, Nathaniel Johnston restructura le vignoble et les chais de Ducru-Beaucaillou. Il se lança dans diverses expériences sur les cépages ainsi que les maladies de la vigne. En 1878, il mit au point au château avec David un mélange de sulfate de cuivre et de lait de chaux appelé ‘bouillie bordelaise’, un remède efficace contre le terrible mildiou qui affectait douloureusement le vignoble et qui fut très vite utilisé dans l’ensemble des vignobles du monde entier.
Deux ans après la disparition de sa première épouse, Lucie-Caroline, Nathaniel épousa la Princesse Marie Caradja de Constantinople (1845-1910), fille du prince Constantin de Turquie.
Désireux d’embellir Ducru-Beaucaillou à la hauteur de ses vins, ils firent appel à l’architecte Michel-Louis Garros, (natif de Barsac en Gironde, élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, Grand prix d’architecture en 1887).
Garros érigea deux tours victoriennes sur les cotés nord et sud de l’ancienne chartreuse et la dota de deux ailes harmonieuses donnant ainsi une forme en U, plus majestueuse, à l’ensemble du bâtiment.
Garros repensa l’organisation générale du château et décora luxueusement l’ensemble des pièces de réception dans le style victorien.
Parce que l’exotisme était très en vogue à cette époque mais peut être aussi pour adoucir l’exil de Marie Caradja en terre médocaine un peu austère en hiver, Garros construisit une grande et belle serre le long de l’aile nord, sur le côté gauche de la cour d’honneur, en face d’une haie de somptueux camélias et parsema le parc de bosquets et palmiers.
Il conçut également sur la façade Est, un parc paysagé avec 3 niveaux de terrasses descendant progressivement vers la Gironde, où le gazon anglais et les parterres de fleurs laissaient progressivement la place à des essences rares de plus grande envergure et de feuillages complémentaires. Des petits jardinets originaux, équipés de charmantes folies étaient disposés à espaces réguliers le long des allées permettant aux promeneurs des haltes courtoises.
Un grand espace fut réservé sur le côté gauche du parc pour le jardin. Ceint de murs blancs recouverts de tuiles noires, supportant des poiriers en espalier et de treilles de raisins de table, il abritait les serres et châssis permettant la production des plants de fleurs pour le parc et de légumes pour le potager. Il y avait aussi un verger et même une cressonnière.
L’exploitation ne fut pas négligée pour autant avec la construction d’un remarquable bâtiment en fer à cheval abritant au rez-de-chaussée écuries, étables, garages et ateliers ; et à l’étage, les logements du personnel et les greniers à foin .
Ainsi magnifié, Ducru-Beaucaillou devint un site emblématique sur la D2, la mythique « route des châteaux » connue des amateurs de grands crus du monde entier.
Soixante-trois ans après l’acquisition du château, la crise économique obligea les Johnston, le cœur brisé, à vendre Beaucaillou en 1929. Ils gardèrent un profond et sincère attachement à cette propriété au point que la fille de Nathaniel Johnston et de la princesse Marie Caradja, Fannie Catherine Johnston qui était née à Beaucaillou, avait demandé à être enterrée, à sa mort en 1971, dans le cimetière de Saint-Julien pour rester à portée de vue de son château Ducru-Beaucaillou.

La famille Desbarats
Johnston vendit à Desbarats, un négociant en vins Médocain qui avait épousé Mademoiselle de Burke issue d’une puissante famille Irlandaise. Après avoir tenté de combattre les conséquences catastrophiques de la crise de 1929, puis celle de la défaite française de 1939, après plusieurs mauvaises récoltes et des désaccords importants avec son gendre, Desbarats, vendit Beaucaillou à l’issue de seulement douze années d’exploitation, à Francis Borie, un négociant en vins d’origine corrézienne, déjà propriétaire de vignobles dans la commune voisine de Pauillac.

La famille Borie
Présentation
L’histoire du Château Ducru-Beaucaillou est étroitement liée à celle des cinq familles qui en ont été propriétaires et qui l’ont habité en permanence depuis sa construction en 1720.
Classé second en 1855 parmi les seuls 61 grands crus rouges de Bordeaux retenus dans le fameux palmarès, il est la propriété de la famille Borie depuis plus de 60 ans.
Aujourd’hui, alors que beaucoup de grands châteaux bordelais sont détenus par des conglomérats lointains ou des propriétaires souvent absents, la famille Borie habite le domaine au quotidien et continue, avec l’équipe fidèle et passionnée qui l’entoure, de marquer de son empreinte ce domaine réputé.

Eugène
Eugène Borie (1862-1911) et son frère Emile (1865-1940) sont nés à Meymac, en Corrèze, dans une famille de fermiers et d’aubergistes. Lorsque leurs parents se marièrent le 24 avril 1857, la dote de Catherine, leur mère, était de 3 agnelles et de 8000 euros et les économies de leur père François s’élevaient à environ 10 000 euros. Peu satisfaits de leurs moyens d’existence dans la Corrèze, ils créèrent une petite affaire spécialisée dans le tissu puis se reconvertirent très vite dans le vin, notamment de Bordeaux, où ils virent plus d’opportunités. Travailleurs acharnés et efficaces, ils rentabilisèrent suffisamment leur négoce pour louer des chais à Pauillac, au cœur du Médoc, en 1886. En 1901, ils construisirent leurs propres chais et entrepôts rue Victor Emmanuel, afin d’y élever leurs vins avant de les expédier, en barriques, vers la Normandie et la Belgique, deux régions peu amatrices de grands vins et proprement ignorées par les négociants anglo-saxons historiques de la place de Bordeaux.
En 1901, les Borie acquirent à la barre du Tribunal de commerce de Lesparre leur premier domaine, le Château Caronne Sainte-Gemme, Cru Bourgeois Haut Médoc, à Saint-Laurent, au sud-ouest de Saint-Julien. La propriété comprenait en plus du vignoble et à part égale des prairies et 150 têtes de bétail. Au-delà de leur passion pour le vin, les Borie avaient gardé de leurs origines corréziennes leur intérêt pour le bétail qui le cas échéant pourrait combler l’éventuel déficit de leurs activités viticoles.
Les frères Borie qui passaient l’essentiel de leur temps sur les routes pour vendre leurs vins, gardèrent leur base à Meymac, d’où leurs épouses, Annette et Marie, géraient les affaires. Les familles se rendaient deux fois par an en Médoc pour procéder aux achats de vins, veiller à la bonne conduite de leur élevage, vérifier les expéditions et se pencher sur la gestion du domaine aux moments cruciaux qu’étaient les vendanges et la récolte des foins.
Eugène et Annette eurent quatre enfants : deux filles, Eugénie et Thérèse, et deux fils, Francis et Marcel.

Francis
A la mort d’Eugène en 1911, Francis, le fils a1né (1890-1953), sa licence de droit de l’Université de Bordeaux en poche, vint travailler avec son oncle Emile puis peu de temps après, son frère Marcel (1892-1958) se joignit à eux. Les frères créèrent rapidement leur propre entreprise : « Borie Frères ». La 1ère Guerre mondiale interrompit leurs activités. D’une manière originale qui illustre leur bonne entente, ils furent enrôlés tous deux dans le même régiment d’artillerie d’où, fait exceptionnel dans cette horrible tuerie, ils revinrent sains et saufs.
Lorsque les affaires reprirent, après la guerre, ils vendirent leur part du Château Caronne à leur oncle et achetèrent en 1929 le Château Batailley, un cinquième cru de Pauillac. Francis épousa Marguerite Borderie qui venait d’une famille de négociants en vins elle aussi d’origine corrézienne qui possédait le Château Bel-Air à Quinsac, au nord-est de la ville de Bordeaux. Ils eurent deux enfants, Jean-Eugène et Françoise.
L’affaire prospéra si bien qu’en 1939, les deux frères s’entendirent pour partager les biens : Marcel, fonda la Maison Borie Manoux dans laquelle il amena ses clients et conserva le Château Batailley qui fût transmis à sa fille Denise qui épousa Emile Castéja, négociant
respecté issu d’une grande famille viticole du bordelais Francis conserva ses clients, ouvrit la société « Francis Borie » et garda une trentaine d’hectares de Château Batailley qui devinrent le Château Haut-Batailley qui appartient désormais à sa fille Françoise Des Brest Borie.
Les difficultés de l’époque n’arrivant pas à émousser son amour de la terre et de confiance dans le potentiel de ces magnifiques terroirs, Francis continua de développer seul ses affaires si bien qu’il put acquérir en 1941 le Château Ducru-Beaucaillou.

Jean-Eugène
Les affaires du vin allaient tellement mal que la légende familiale rapporte qu’André Rochette, propriétaire viticole et forestier à Listrac, aurait dit à ses filles : « Je ne sais pas qui vous épouserez, mais, surtout, ne vous mariez pas avec un vigneron ! ». Sa seconde fille Monique (qui héritera plus tard de sa mère le Château Ducluzeau à Listrac) fit exactement le contraire : en 1950, elle épousa Jean-Eugène Borie avec qui elle eut trois enfants : une fille, Sabine, deux fils, François-Xavier et Bruno. Elle a désormais six petits-enfants.
Parce qu’il aspirait simplement à être vigneron, Jean-Eugène abandonna en 1965 la société de négoce Francis Borie pour se consacrer uniquement à sa passion, Ducru-Beaucaillou. Le négoce bordelais lui fut gré de mettre un terme à cette concurrence interne. En même temps, suivant la politique exemplaire initiée par le baron Philippe de Rothschild à Mouton, il fut l’un des premiers propriétaires de cru classé à systématiser la mise en bouteilles au château, mettant ainsi un terme définitif aux expéditions de Ducru-Beaucaillou en barriques et aux mises en bouteilles aléatoires des négociants et importateurs.
Si Jean-Eugène avait compris qu’il n’y a pas de marché sans grand vin et qu’il convient d’investir de manière importante et régulière pour maintenir un niveau qualitatif d’excellence, il n’ignorait pas pour autant le besoin de faire conna1tre ses grands vins. Parlant couramment l’anglais grâce à des séjours scolaires effectués en Angleterre dans sa jeunesse, Jean-Eugène se mit à voyager pour promouvoir son vin en s’appuyant sur le négoce bordelais et ses importateurs à l’étranger : tout d’abord en Angleterre puis, dés avril 1967, aux Etats-Unis et au début des années 70, en Extrême-Orient.
En 1970, il acheta environ 30 hectares de Château Lagrange, à Saint-Julien, sur lequel il créa le Château Lalande-Borie.
Son intérêt pour le vrai luxe et l’artisanat d’exception l’amena à acquérir dans les années 70 la Société de Porcelaines de Limoges Havilland, avec le beau-père de sa fille Sabine, Paul Coiffe.
En 1978, il acheta le mythique Château Grand-Puy Lacoste (cru classé à Pauillac) à Raymond Dupin qui l’avait choisi comme son digne successeur.
En 1978, son fils a1né François-Xavier vint l’épauler pour gérer les propriétés familiales tandis qu’en 1981 son plus jeune fils Bruno-Eugène entrait au service de Peter Sichel, un négociant en vins de Bordeaux très respecté, également propriétaire du Château Palmer. En 1985, BrunoEugène embarqua son père avec quelques amis négociants respectés dans la relance de l’apéritif historique de Bordeaux, le Lillet.
En 1992, Jean-Eugène fonda la société anonyme Jean-Eugène Borie SA qui eut pour mission de gérer les biens familiaux :
à Saint-Julien, le Château Ducru-Beaucaillou et le Château Lalande-Borie
à Pauillac, le Château Grand-Puy Lacoste ainsi que le Château Haut Batailley affermé à sa sœur Françoise des Brest Borie
à Listrac, le Château Ducluzeau que Monique Borie avait hérité de sa mère.
Dans le même temps, à la demande de son père, Bruno commença à assister aux réunions importantes de la société, prit part aux grandes décisions concernant les châteaux et les vins à partir de 1994. Ainsi s’élabora dans la consensualité familiale la vision Borie de la gestion d’un grand domaine viticole dédié à la production de vins d’exception.
Au-delà du vin, Jean-Eugène aimait par-dessus tout sa famille et affectionnait en particulier les fêtes de famille. Dans son enfance il croyait que le feu d’artifice du 14 juillet était tiré en l’honneur de son anniversaire. Tous le laissèrent à ce rêve et ce jour devint le jour de la fête de famille.
Il était aussi passionné par l’art : il collectionnait des tableaux principalement hollandais et des bronzes animaliers du 19ème siècle.
Jean-Eugène joua un rôle dans diverses institutions publiques : il fut pendant de nombreuses années le président du Syndicat de l’appellation contrôlée Saint-Julien, fut membre du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux, membre du Conseil des Grands Crus Classés, Grand commandeur de la Confrérie du Bontemps de Médoc, des Graves, Président de l’agence du Crédit Agricole de Pauillac et Conseiller municipal et 1er adjoint au maire de Saint-Julien.
Ce fut un vigneron bordelais exceptionnel qui laissa une image indélébile de qualité et d’intégrité dans la région. Connu pour sa modestie et son humour teinté d’ironie, son intransigeance vis-à-vis de ses vins et sa générosité dans le jugement qu’il portait sur ceux de ses confrères, il fut sans doute l’un des viticulteurs les plus aimés et les plus respectés de son époque. Le critique américain Robert Parker précise que « sa passion pour son vin, son engagement obsessionnel dans la qualité, ses nombreux voyages à l’étranger en tant
qu’ambassadeur de Bordeaux et sa remarquable modestie ont fait de lui l’une des personnalités les plus respectées de cette région. »
Avec beaucoup de sagesse, plutôt que d’imposer une solution ou d’essayer d’anticiper le choix de ses enfants après sa disparition, Jean-Eugène avait légué de son vivant à chacun un tiers de chaque propriété, les laissant ainsi libres de décider entre eux de l’avenir du patrimoine qu’il avait su si brillamment développer.
Son fils François-Xavier qui l’avait rejoint en 1978, pour s’occuper plus spécialement de Grand Puy Lacoste qu’il venait d’acquérir, effectua à ses côtés un travail remarquable, se battant pour une qualité toujours meilleure, restaurant les bâtiments, en construisant de nouveaux chais tout en reprenant les responsabilités de son père dans les associations locales et professionnelles.
Lorsque Jean-Eugène tomba malade en 1997, François-Xavier devint de facto gestionnaire de l’ensemble du patrimoine familial jusqu’à ce qu’il initie sa redistribution en 2003 aboutissant à ce que :
Ducru-Beaucaillou fût alloué à sa mère Madame Monique BORIE, sa sœur Sabine COIFFE et son frère cadet Bruno-Eugène BORIE (qui dirige aujourd’hui le domaine), lui-même prenne de son coté la gestion des crus classés de Pauillac : le Château Grand Puy
Lacoste (qu’il avait su remonter avec brio et qu’il possède donc désormais en propre) et le Château Haut Batailley (qu’il afferme à sa tante Françoise des Brest Borie).
Bruno Borie, qui a toujours vécu au Château Ducru-Beaucaillou avec ses parents se vit confier par sa mère Monique et sa sœur, Sabine Coiffe, la présidence du directoire de Jean-Eugène Borie SA, société anonyme qui gère le pôle Saint-Julien des vignobles familiaux avec Ducru-Beaucaillou et Lalande-Borie ainsi que le Château Ducluzeau, Cru Bourgeois à Listrac.

Bruno
Bruno Borie a pris la tête de Jean-Eugène Borie SA et donc du Château Ducru-Beaucaillou le 3 janvier 2003. Lorsqu’on lui demande ce qu’il ressent du fait d’être la troisième génération Borie responsable du Château Ducru-Beaucaillou, il répond : « Je me sens incroyablement chanceux de présider désormais aux destinées d’une propriété que mon grand-père, mon père et mon frère à leur suite ont su hisser au plus haut niveau. J’espère simplement être à la hauteur du défi que je relève ainsi. Brièvement, je définirai mon rôle en trois points :

  • service c’est-à-dire servir l’équipe de Beaucaillou, mes partenaires familiaux et nos consommateurs,
  • soumission à notre terroir, à la nature et à notre tradition familiale,
  • innovation en continuant d’expérimenter de nouvelles méthodes permettant d’exprimer notre terroir au maximum.

 

Le domaine – Tourné vers l’estuaire de la Gironde
Le Château Ducru-Beaucaillou, dont l’origine remonte au début du XVIIIème siècle doit son nom aux ‘beaux cailloux’ qui caractérisent son terroir et dont les exceptionnels avantages viticoles se traduisent dans la finesse et l’élégance des vins qu’il permet de produire. C’est au titre de ce terroir que Ducru-Beaucaillou est souvent considéré comme la quintessence, l’archétype même de l’appellation contrôlée Saint-Julien.
C’est l’un des 14 crus classés seconds dans le classement de 1855 qui regroupe 62 des 75 plus beaux vins de Bordeaux et l’un des rares à appartenir à la catégorie des « super seconds ».
Le Château Ducru-Beaucaillou et les vignes qui l’entourent sont perchés sur un magnifique site du Médoc offrant une vue imprenable sur l’estuaire de la Gironde qui, avec une largeur de 6 km ici, agit comme un puissant modérateur climatique.
C’est l’un des seuls châteaux de la région bordelaise qui soit bâti directement sur les chais et l’un des rares à être occupé en permanence par ses propriétaires. Depuis plus de soixante ans Ducru-Beaucaillou appartient à la famille Borie aujourd’hui constituée en société anonyme regroupant Monique Borie, sa fille Sabine Coiffe et son fils Bruno-Eugène qui la dirige.

Le climat
Si le régime général du Médoc est sous influence atlantique, chaque commune a bien entendu ses caractéristiques propres.
Dans une approche plus fine, il convient de s’intéresser : au macro climat spécifique à chaque parcelle et qui participe donc à la notion de terroir (ou « climat » dans d’autres régions viticoles), ainsi qu’au micro climat au niveau du pied de vigne qui lui, dépend essentiellement de la conduite viticole.
La proximité de la Gironde joue un rôle protecteur et modérateur primordial et tous s’accordent à dire que « ceux qui ont vue sur l’estuaire » ont le climat le plus favorable à laproduction de grands vins. Les énormes quantités d’eau mises en mouvement 4 fois par jour par les marées montantes et descendantes biquotidiennes, agissent comme un véritable « climatiseur » chauffant l’hiver, rafraîchissant l’été. Dans ce large estuaire (6 km ici), s’associe à ces mouvements d’eau un brassage des masses d’air locales qui vient encore davantage modérer le climat à la proximité immédiate de la Gironde, épargnant aux vignobles qui l’occupent, notamment beaucoup de gelées et d’orages de grêle.
Le 21 avril 1991, alors que 70% du potentiel de récolte de Bordeaux a été détruite par une redoutable gelée matinale, la perte n’a été que de 30% dans les quelques vignobles situés au bord de l’estuaire, dont Ducru-Beaucaillou.
De même, la grêle, ce fléau de tous les vignobles en Europe, tombe rarement ici, préférant la plupart du temps se déverser sur la ligne de transition entre la forêt du proche Océan Atlantique et les premiers vignobles de l’ouest médocain ou carrément traverser la Gironde pour aller sur la rive est de l’estuaire, vers les coteaux de Blaye et de Bourg … à l’exception notable du 15 juillet 2003 qui a pénalisé le plateau de Beaucaillou (25 à 30%) et deux autres crus bordant l’estuaire à Saint Julien et Pauillac.

La vinification – Les vendanges et la fermentation
Un suivi parcellaire de maturité est mis en œuvre chaque année à partir de début août. Un calendrier de récolte est décidé une semaine avant le début de la récolte puis réajusté chaque jour afin de vendanger chaque parcelle à pleine maturité et dans des conditions optimales.
Les vendanges sont manuelles à 100%. Le tri, consistant à éliminer les feuilles ainsi que les grappes ou les baies litigieuses qui auraient pu être ramassées par mégarde par les vendangeurs est effectué directement à la vigne sur des tables mobiles afin d’éviter leur
mélange avec les raisins sains pendant le transport au cuvier.
Après éraflage et foulage adapté (variable en fonction des récoltes, des cépages et de chaque parcelle), chaque lot de moût est vinifié, de manière classique mais individualisée : les températures de fermentation ; la durée, l’intensité et la fréquence des remontages sont
décidées individuellement pour chaque cuve correspondant à une parcelle spécifique.
Les vinifications doivent être conduites avec un respect global et inflexible des règles d’hygiène et de propreté : pour produire un litre de vin, il faut entre cinq et sept litres d’eau de nettoyage. L’eau ainsi utilisée est envoyée à la station de recyclage de Saint-Julien, la seule commune du Médoc où les propriétaires de châteaux se sont regroupés pour s’équiper en commun en 2000.
La vinification évolue chaque année en fonction de la typicité des raisins récoltés. La fermentation alcoolique du moût (jus, pellicules et pépins), s’effectue généralement entre 28°C et 30°C sur les raisins issus des vieilles vignes et à des températures légèrement plus
basses pour les parcelles plus jeunes. La fermentation alcoolique s’étale habituellement sur environ 2 semaines durant lesquelles on procède à des remontages réguliers (deux fois par jour) afin d’oxygéner les levures, d’homogénéiser le moût, d’humecter le chapeau (pellicules et pépins qui remontent en surface) et permettre une meilleure extraction des tanins. La fermentation est finie quand tout le sucre a été transformé en alcool. A partir de ce moment-là on cesse les remontages et laisse le vin en macération pour une semaine supplémentaire environ.
Ces vinifications s’accompagnent bien entendu d’analyses œnologiques et de dégustations régulières.
Après fermentation alcoolique et macération, les cuves sont écoulées. Le vin de goutte est remis directement en cuve, le vin de presse (pressurage pneumatique) est écoulé en continu en barriques afin de sélectionner au plus fin les lots de vins de presse. Après classifications en divers lots, il est remonté en cuves.
Les fermentations malolactiques des vins de goutte et de presse sont conduites en cuves afin d’optimiser leur maîtrise.
L’entonnage en lots séparés dûment identifiés est effectué sitôt les malolactiques, en novembre /décembre, avec pour le Ducru-Beaucaillou entre 50 et 80% de bois neuf suivant la richesse des millésimes. Plus le vin est riche plus il supportera le bois neuf. Les vins plus légers des millésimes moindres seraient déséquilibrés par une trop forte proportion de bois neuf («charpentiers » au lieu de « charpentés »). Les barriques (Bordelaises 225 litres, chêne français) sont fournies par 5 tonneliers sélectionnés offrant les meilleures garanties.

58,39644,61 TVAC

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Poids 1.50 kg
Millésime

2008

Vigneron

Château Ducru-Beaucaillou, famille Borie

Pays

France

Région

Bordeaux

Appellation

Saint-Julien

Viticulture

Raisonnée

Couleur

Rouge

Cépage(s)

Cabernet Sauvignon, Merlot

Elevage

Fût de chêne

Contenu en cl

75 cl

Conditionnement

bouteille, par 6 bouteilles, par 12 bouteilles

En vente

Sur le site et en magasins

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