La Chablisienne – Histoire de La Chablisienne et de Chablis

Quelques dates clés

Ier s. av.
Invasion de la Gaule par les troupes de César qui y introduisent des plants de vigne.

1114
Les moines de Cîteaux s’installent sur le site de Pontigny. Introduction supposée du cépage Chardonnay.

1220
Louis VIII prend Chablis sous sa protection.

1893
Le vignoble chablisien est entièrement détruit par le phylloxéra.

1897
Renaissance du vignoble grâce à des porte-greffes américains.

1908
Benjamin Long-Depaquit crée l’Union des Propriétaires-Vignerons de Chablis, qui instaure le Certificat d’origine de Chablis.

1923
1er mai : Création de La Chablisienne. Jugement de Tonnerre : Le Chablis doit être planté uniquement sur sol kimméridgien.

1928
14 août : Création de la SARL « La Cave Chablisienne ».

1947
23 mars : Fusion de la Société coopérative avec la Cave coopérative. Naissance de la Cave Coopérative La Chablisienne.

1996
Installation du G.I.E., rue du Serein. La Chablisienne, « coopérative de l’année 1996 » (Revue des Vins de France).

1997
Février : Obtention de la Certification Agro-Confiance.

1999
Achat du « Domaine de Château Grenouilles ».

Les origines de Chablis et du Chablis

La fondation du village de Chablis, et ses premiers vins, datent de l’époque romaine. Le nom de Chablis serait issu des mots celtes signifiant la « corde du gué ».

En l’an 510, le roi chrétien Sigismond fonde un petit monastère dédié à Saint Loup, autour duquel le village s’agrandit lentement au cours du Moyen-Âge. Au 9e siècle, des moines bénédictins de l’abbaye Saint-Martin de Tours, fuyant l’invasion viking qui remonte la Loire, s’installent à Chablis. La fondation de l’abbaye cistercienne de Pontigny à quelques lieues de Chablis, au début du 12e siècle, va aussi être un évenement majeur pour l’extension et la renommée du vignoble. Parmi les donations reçues au fil des années par les deux ordres religieux, figurent des vignes, dont ils deviennent d’importants propriétaires.

En quelques décennies, la réputation du vin de Chablis dépasse l’Yonne et l’Auxerrois. Les moines accomplissent un travail minutieux qui permettra d’ associer les terroirs chablisiens au cépage Chardonnay. Sur leur impulsion, la commercialisation des vins s’organise, et le vin est exporté, notamment vers l’Angleterre. Dans le même temps, le Chablis s’invite à la table des rois de France. De l’époque médiévale à la Renaissance, les arts de la table sont de plus en plus raffinés et les vins de Chablis accompagnent les mets les plus délicats. Les 17e et 18e siècles sont aussi des siècles de prospérité pour le vignoble chablisien avec l’amélioration des moyens de transport et les échanges européens. Le coup d’arrêt brutal donné à l’expansion du Chablis date de la fin du 19e siècle, avec l’épidémie de phylloxéra et de mildiou qui ravage le vignoble.

Il faut repartir de zéro, remettre en valeur le terroir, replanter le vignoble. Les vignerons s’y emploient grâce au greffage de plants de Chardonnay sur des porte-greffes résistants. Commencent alors les grandes années d’un vin qui acquiert une renommée internationale et écrit les plus belles pages de la Bourgogne viticole. En Angleterre, aux Etats-Unis, en Europe du Nord et en Russie, Chablis devient synonyme de vins blancs secs. La forte demande à l’exportation permet de développer le vignoble, lequel bénéficie de nouvelles techniques de viticulture et de la protection contre les gelées printanières.

La Chablisienne, depuis 1923

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La-Chablisienne-début

L’histoire débute en 1923, quand quelques vignerons, sous l’impulsion de l’Abbé Balitrand, s’associent pour faire face aux difficultés économiques de l’époque et créent une cave coopérative au cœur du vignoble de Chablis, en Bourgogne, avec pour objectif de vendre leurs vins. Jusqu’au milieu des années 1950, les sociétaires livrent leur production à La Chablisienne qui réalise les assemblages et vend essentiellement auprès du commerce de gros.

Puis, désireuse d’aller encore plus loin et de façonner son style, La Chablisienne décidera de rentrer les récoltes sous forme de moûts, une particularité qui va être la marque de la maison et va permettre une totale maîtrise des vinifications. Dans un échange permanent, vignerons et techniciens font le lien entre la qualité des moûts et les parcelles dont les raisins sont originaires, et élaborent ainsi les orientations à donner à la vigne et à l’élevage.

La Chablisienne, toujours animée par un esprit pionnier, n’a cessé de relever des défis dans des domaines aussi divers que la viticulture, la vinification, les ressources humaines ou le commerce…

C’est le travail minutieux de tous qui donne naissance à des vins que le temps ne cesse de magnifier.

 

 

 

La-Chablisienne-Lutetia-1L’affiche Lutetia de La Chablisienne  —-> lire tout sur

Les appellations d’antan

Bien évidemment, la grande majorité des vins proposés par La Chablisienne bénéficiaient de l’appellation Chablis. Cependant, les classifications modernes, que furent 1938 et 1978, n’avaient pas encore attribué aux climats le statut que nous leur accordons à présent.

1/ Les Grands Chablis de Tête
Ancêtres des Grands Crus actuels, ils étaient au nombre de 5 : Blanchot, Grenouille, Les Clos, Valmur et Vaudésir. Seuls Les Bougros et Les Preuses manquaient à l’appel, car en raison des gelées de printemps et de la topographie, la plus grande partie était en friche jusqu’à une date récente. Ils ne rejoignirent le dernier cercle qu’en 1938.

2/ Les Grands Chablis Première
Ils désigneraient aujourd’hui, une première catégorie de Chablis Premiers Crus. En plus des deux climats précédemment cités (Bougros et Preuses), les Anciens y avaient classé la Fourchaume, le Mont de Milieu ou encore le Vaulaurent.

3/ Les Grands Chablis Seconde
Troisième et dernier niveau qualitatif des Grands Chablis, ils étaient considérés – peut-être injustement – comme des vins issus de climats moins flatteurs. On y retrouvait ainsi le Beauroy, le Montmain ou les Vaillons.

4/ Les Chablis supérieurs
De grande qualité, les « supérieurs » n’avaient parfois rien à envier à certains Grands Chablis. En effet, L’Homme mort, Les Lys ou Champlain y étaient classés.

5/ Les Chablis
Catégorie hétérogène, les Chablis étaient également issus du cépage « Beaunois » (le chardonnay). En 1944, une partie d’entre eux fut classé sous la nouvelle appellation « Petit Chablis », contre l’avis de certains syndicalistes, dont Fernand Pinsot.

6/ Les Bourgogne des Environs de Chablis
Attestée au moins depuis 1899, cette appellation faisait office d’intermédiaire entre les Bourgogne Grand Ordinaire et les premières qualités de Chablis. Consacrée par la loi de 1919, puis par les jugements etaccords de 1927 et 1929, elle fut supprimée dans les années 1940. Cette décision priva alors de très petits vignerons, qui constituaient la main d’oeuvre viticole locale, d’un appoint important dans leur exploitation.

7/ Les Bourgogne Grand Ordinaire
Ces vins situé au premier échelon qualitatif étaient issus de trois principaux cépages : le sacy, le melon de Bourgogne et l’aligoté 235. Jusqu’en 1938, le sacy pouvait être utilisé pour l’élaboration du Chablis.